• Printemps des poètes # jour 3

    INSURGÉE

    Rouges le trait l’écriture
    Saillants sur le vif
    Le poids du monde enclavé
    Le détourner d’un son d’une voyelle
    Le broyer en fines particules

    Et ensoleiller le vivant

    Ta peur endormie
    Ton glaive porteur de beauté
    Réveiller la soif sous la glaise
    Rouler la boue son chant sourd et lent
    Malaxer son rêve enfoui

    Sa durée plaie vive encore enterrée

    Prise entre les phrases leur miel
    Et qui saignent entre les herbes
    Le vent te tient assurée d’un envol
    Qui sera ce cri cette voix
    Sur le devant de l’étang sa houle

    Et tu portes le sang et le sens au-delà des rives

    Giratoires sur les soirs enfumés crépusculaires
    Si leur rougeoiement sillonne
    Les champs levés le soc des charrues
    La voie les mots creusés leur haleine
    Le chaud des éclats de salive sur le sel

    Et tu parles tu écris sur la mer ses décombres

    Dans une mise au net de ses créatures amphibies
    Quand la double langue le métal le cercle
    De l’aveu brisent le temps étranger
    Du soluble dans l’air des parois broussailles anonymes
    Quand messagère fascinante fascinée au centre

    Tu lèves le voile des cimes.

    Jeanine Baude

    1946

    « Sournois de Alexandre ClémentUne collection de trésors minuscules de Caroline Vermalle »

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  • Commentaires

    1
    Mardi 17 Mars 2015 à 12:58
    Aifelle

    Je ne connais pas du tout cette poétesse ; beau texte smile

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    2
    Mercredi 18 Mars 2015 à 14:03

    @Aifelle : belle découverte smile

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