• Citation du dimanche #155

    Ecrire de la fiction c'est ouvrir des fenêtres ... 

    la fiction nous offre les échos de milles existences. elle permet de donner un sens à nos vies, à nos actions. Les romans sont des miroirs déformants formateurs et édifiants.

    Christian Grenier

    1945

    Avec un peu d'amour et beaucoup de chocolat - L'écrivaine.


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  • Vois-tu dans le ciel

     

    Vois-tu dans le ciel tout bleu, Majolie

    ces étoiles

    ces milliers d'étoiles

    qui dansent et brillent?

    Elles dansent et brillent pour toi

    Elles sont comme les milliers

    et les milliers d'yeux des Anges du Ciel

    qui te regardent

    et qui t'aiment

    Et qui sont heureux

    parce que tu es heureuse

    et belle.

     

    Yves-Emmanuel DOGBÉ (Togo)

    Morne Soliloque

    Éditions Akpagnon, 1982


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  • Tu m'as regardée

     

    Tu m'as regardée

    Et ton regard plein d'amour

    A souri

    Dans le mien

    Tu m'as tendu

    Ton bras

    Ton bras droit

    Comblé de promesses

    Et ton regard s'est fondu

    Dans mon regard

    Et tes bras m'ont enveloppée

    D'un long pagne d'espoirs.

     

    Élisabeth-Françoise MWEYA (Congo)

    Remous de feuilles

    Éditions du Mont Noir, 1971

     


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  • Trois ethnies

     

    Trois ethnies
    Trois jolis sourires,
    Trois jeunes destins.
    Trois petites filles,
    Trois éclats de rires qui chatouillent les manguiers…

    Elles jouent en cercle en se tenant la main,
    Sandales et peurs au vent...
    Trois rêves ludiques, 

    Trois chansons.

    Un, deux, trois, elles sautillent,
    Et petites nattes se hissent à l’horizon.
    Un, deux, trois, elles sautillent,
    Six petits pieds se posent sur la terre fébrile;
    Fraîchement violée par ses fils,
    Féconde et porteuse en son sein de l’Infâme.

    Un, deux, trois, et la terre minée s’ouvre.
    Rugissante et béante,
    Purulente de petits monstres,
    Elle avale les trois chansons.

    Trois petits bouts d’enfance s’envolent en éclats.
    Trois rêves déchiquetés, trois rires muets.
    Trois destins étouffés, trois boutons de fleurs écrasés.
    Trois chants inachevés…

    Un, deux, trois pleurs identiques s’élèvent dans un ciel désastré.
    Trois silhouettes vêtues d’imvutano noirs s’allongent, cheveux rasés, âmes calcinées.
    Trois mères. 

    Trois plaies.
    Trois cœurs fendus à jamais.
    Hutu. Tutsi. Twa.
    Trois ethnies. Une seule agonie.
    Un seul fleuve de larmes qui s’écoule et s’écoule, à l’infini.

    Et ce silence…
    Le silence lourd et écarlate du sang des innocents.


    Ketty Nivyabandi (Burundi)

     

    Texte composé pour l’exposition 'Recyclage d’armes en œuvres d’art
    Maoni (Collectif d'Art)/Bujumbura, Janvier 2010


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  • Je ne sais sur quelle mappemonde

     

    je ne sais sur quelle mappemonde
    lire tes frontières
    je n’ai plus l’habitude
    des intervalles
    et des repères

    mes songes ont perdu
    leur centre de gravité


    la patrie est une herbe 
    qui prospère
    sur les terres vagabondes
    la pluie des larmes l’enracine
    dans l’humus
    l’exil est son engrais

     

    Alain Mabanckou (Congo), Les arbres aussi versent des larmes
    Ed. L’Harmattan, 1997


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