• 6 Mois d'abonnement de Gabriel Dumoulin

    Présentation

    Six mois : c'est la durée pendant laquelle Gabriel Dumoulin a fréquenté un site de rencontre sur internet, et c'est ce semestre pas comme les autres qu'il raconte dans Six mois d'abonnement. C'est avec un regard distancié et le recul nécessaire qu'il livre cette expérience, et ce qui aurait pu se transformer en un galimatias égocentré et voyeuriste, forme à l'arrivée un portrait cinglant de ce que peut être une relation amoureuse à l'heure du consommable et du tout-jetable. Les rencontres se suivent, plus ou moins fortes, plus ou moins intéressantes, plongeant parfois dans l'intime ou restant plus distantes, le livre décryptant alors par petites touches les motivations comme les limites de ces relations. Mais ce qui rend Six mois d'abonnement absolument formidable et procure une lecture si enthousiasmante, c'est le ton avec lequel tout ça nous est raconté, car derrière ce qui ressemble à une retranscription brute et frontale de la réalité, se cache un art consommé de la mise en scène, permettant à l'ouvrage d'adopter un ton proche de la comédie – et comme dans toutes les bonnes comédies, la critique n'est pas loin, qu'elle soit autocritique, ou qu'elle adopte un versant quasi sociologique, quand elle décrit les mécanismes de ces rencontres « virtuelles ». De l'autobiographie, Gabriel Dumoulin ne fait pas une mission ou un objet d'étude en soi, mais s'en sert pour raconter son époque, certes par le petit bout de la lorgnette, mais avec un regard acéré et une lucidité qui font mouche.

    Mon avis

    Un regard brut et froid porté sur les relations à distance par écran interposé. Les dessins en noir et blanc ajoutent à ce sentiment. Un enchainement de dialogues plus ou moins profonds, une succession de profils, des espoirs, des déceptions, mais rien qui ne se construit, à la fois l'envie et la peur  de l'autre, de l'engagement. 

    Voilà se qui transpire de cette BD mais porté de jugement, avec un regard de témoin sur le vécu d'un grand nombre de personne sans doute. 

    6 mois comme une parenthèse, une expérience mais qu'en reste t il ? 

     


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  • Le diner de famille de Olivia Hagimont

    4ème de couverture

    Un vrai repas de famille : en entrée, des piques et des reproches ; des vacheries en plat de résistance ; mais pour finir, en guise de dessert, de l’amour, surtout !

    « Le livre talentueux d’Olivia Hagimont, plein de lucidité et d’affection pour le genre humain, respire et attire comme une pièce de théâtre. » Christophe André

    Mon avis

    Voilà un cocktail concentré de névrosés que l'on ne souhaiterait à personne comme famille... et pourtant ils se retrouvent tous autour du repas de Noël. Les 2 grand-mères : une bourgeoise excentrique et  l'autre qui a à moitié perdu la tête, forment la base sur laquelle cette famille s'est construite.

    Après nous naviguons entre déprimée, alcoolique, célibataire revendicatrice ou maniaque heureusement Carlos est là un peu macho mais au final le plus équilibré de la bande.

    Les dessins colorés de gros aplats surajoutent aux propos déjà tenus par les convives, ça pique, ça grince, sans prendre de pincettes.

    Une lecture un peu étouffante à la limite du caricaturale mais qui dessine parfaitement ces repas de famille un peu grinçant que l'on a tous vécu un jour ou l'autre.

    Dans la catégorie FAMILLE

    Le diner de famille de Olivia Hagimont

    Le diner de famille de Olivia Hagimont

     


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  • Quitter Paris de Mademoiselle Caroline

    4ème de couverture

    Si vous aussi vous ne supportez plus Paris, ses métros bondés et ses pics de pollution, faites comme Mademoiselle Caroline : embarquez tout votre petit monde pour une nouvelle vie à la montagne. Bien sur, il vous faudra changer vos escarpins pour des après-skis à l'esthétique approximative et vous habituer à la gastronomie locale, mais tous ces sacrifices pourraient bien vous redonner gout à la vie...

    Mon avis

    Etrange ce thème récurrent dans mes lectures BD !!

    Plus moderne que la série "Retour à la terre" cet album en reprend pourtant les codes : intégration, incompréhension du langage des habitants et de leurs habitudes, réadaptation à un nouveau rythme, réorganisation de la façon de vivre. 

    Avec son coté décalé, déconnant mais réaliste, Mademoiselle se moque gentiment d'abord d'elle puis de ses nouvelles connaissances pour nous décrire sa nouvelle vie. Certains passages sont totalement hilarants, en particulier les réunions de vente à domicile. 

    Nouvelles tenues, nouveau régime alimentaire, nouveau horaire moins la course, plus de grand air. C'est bon c'est beau c'est frais et coloré.

    Dans la catégorie LIEU

    Quitter Paris de Mademoiselle Caroline

     

    Quitter Paris de Mademoiselle Caroline


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  • Le retour à la terre T5 de Manu Larcenet et Jean Yves Ferri

    4ème de couverture

    Vive tension aux Ravenelles ! Manu, fragilisé par le départ de Mariette pour la fac, va t-il trouver dans l'opposition au maire Adrien Coquelot une issue à son mal de vivre ? Rien de moins sûr quand on sait les pressions que font peser sur lui les hommes en noir du Krachdiscount, et la confirmation inquiétante par l'ermite que les atlantes rentrent la nuit par les chatières... Un tome 5 qui installe définitivement et avec drôlerie, le petit monde poétique et attachant du Retour à la terre.

    Mon avis

    Un dernier tome plus drôle que le précédent, les aventures d'un père livré à lui même pendant que sa femme reprend les études. A nouveau, les doutes, les petits arrangements avec la vie, les conseils l'ermite et tous les autres personnages  qui on t fait de cette aventure une famille. 

    dans la catégorie LIEU

    Le retour à la terre - T5 : les révolutions de Manu Larcenet et Jean Yves Ferri

    Le retour à la terre - T5 : les révolutions de Manu Larcenet et Jean Yves Ferri


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  • Mauvaises filles de

    présentation de l'éditeur : 

    Jin-joo est une mauvaise fille. Elle fume, découche, nargue ses professeurs et cause du souci à ses parents. Son père, un petit patron, n'a que ses poings pour exprimer sa peur de la voir mal tourner. Alors il la passe à tabac, régulièrement. La Corée subit la crise économique de la fin des années 1990 et la violence demeure la forme la plus simple et naturelle du contact humain. Au collège, les professeurs cognent les élèves et les anciennes rossent les nouvelles. Dans l'indifférence générale, on meurt sous les coups d'un père ou d'un petit copain. L'adolescente trouve un peu de chaleur humaine auprès de Jung-ae, fille d'un petit voyou encore plus paumée qu'elle. Une fugue improvisée les mène jusqu'au quartier des bars à hôtesses. Là, tout a le goût de la liberté, de l'interdit et de la fête. Pourtant, leur destin est en train de se jouer tragiquement...

    Le ton âpre et désespéré d'Ancco évoque le Céline de Mort à crédit. Vivre, c'est expier. Un instant de bonheur, d'insouciance, se paie comptant. Les hommes mènent des existences lourdes, tristes et solitaires, qui se révèlent vides de sens. "Dès qu'on met le nez dehors, constate Jin-joo, c'est plein de choses incompréhensibles."

    Après Aujourd'hui n'existe pas, publié par Cornélius en 2009, Mauvaises filles confirme le talent singulier d'Ancco. La construction multiplie les allers-retours entre le passé et le présent. Servie par un trait sec et précis, un noir et blanc désolé, elle rend inexorable et bouleversant ce voyage au bout de la nuit coréenne.

    Mon avis

    Une BD d'une grande violence amplifiée par les dessins tout en noir et blanc assez angoissants. Les aller-retour passé/présent sont déstabilisants et un peu perturbants dans la compréhension de l'histoire, et donnent l'impression de Jin-Joo ne sortira jamais de cet enfer. 

    Inspirée de la vie de l'auteur qui dresse un portrait de la Corée du Sud où la violence est le seul moyen de communication, c'est fou dur et sans concession.

     

    Etonnante BD qui a remporté un prix révélation du dernier festival d'Angoulême.

    Mauvaises filles de Ancco

    Dans la catégorie GROS MOT 

    Mauvaises filles de Ancco

     

    Mauvaises filles de Ancco


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